Comment contester un cautionnement bancaire ? | Avocat Nice

Comment contester un cautionnement bancaire ?

Le cautionnement bancaire peut engager lourdement la responsabilité financière de la personne qui l'a signé. Lorsqu'un dirigeant se porte caution du prêt de sa société, par exemple, la défaillance de l'entreprise peut conduire la banque à lui réclamer personnellement le remboursement des sommes garanties.

Pour autant, le fait d'avoir signé un cautionnement ne signifie pas nécessairement que la banque peut réclamer n'importe quelle somme à la caution.

Dans certaines situations, un cautionnement bancaire peut être contesté, totalement ou partiellement. La validité de l'engagement, son montant, sa proportionnalité, les obligations d'information de la banque ou encore les conditions de mise en œuvre de la garantie peuvent notamment être examinés.

Qu'est-ce qu'un cautionnement bancaire ?

Le cautionnement est une sûreté personnelle par laquelle une personne, appelée la caution, s'engage envers un créancier à payer la dette du débiteur si celui-ci ne l'exécute pas.

Dans le domaine bancaire, il est notamment utilisé pour garantir :

un prêt professionnel ;

un crédit immobilier ;

un financement d'entreprise ;

un découvert bancaire ;

l'acquisition d'un fonds de commerce ;

un crédit destiné à financer du matériel ou des investissements.

La caution peut être une personne physique, comme un dirigeant, un associé ou un particulier, mais également une personne morale dans certaines situations.

Le Code civil prévoit qu'un cautionnement peut notamment garantir une ou plusieurs obligations, présentes ou futures, dès lors qu'elles sont déterminées ou déterminables.

Pourquoi vouloir contester un cautionnement bancaire ?

La contestation intervient généralement lorsque la banque demande à la caution de payer une dette à la suite de la défaillance de l'emprunteur.

La caution peut alors s'interroger :

Suis-je réellement tenu de payer la totalité de la somme réclamée ?

La réponse dépend de nombreux éléments.

Il faut notamment vérifier :

le contenu exact de l'acte de cautionnement ;

le montant maximal garanti ;

la durée de l'engagement ;

la nature du cautionnement ;

les dettes effectivement couvertes ;

la situation financière de la caution lors de la signature ;

les informations communiquées par la banque ;

les éventuels incidents de paiement ;

le montant réellement dû par l'emprunteur.

L'analyse de ces éléments peut permettre d'identifier des moyens de défense.

1. Vérifier la validité du cautionnement

La première étape consiste à examiner l'acte de cautionnement lui-même.

Le document doit être analysé avec attention afin de déterminer la nature et l'étendue de l'engagement souscrit.

Il convient notamment de rechercher :

l'identité des parties ;

l'obligation garantie ;

le montant maximal de l'engagement ;

la durée du cautionnement ;

les conditions de mise en œuvre ;

le caractère simple ou solidaire du cautionnement ;

les éventuelles obligations garanties supplémentaires.

La caution peut également, dans les conditions prévues par le Code civil, opposer au créancier certaines exceptions appartenant au débiteur ou inhérentes à la dette.

L'examen du contrat de prêt et de l'acte de cautionnement doit donc être réalisé conjointement.

2. Vérifier si le cautionnement était disproportionné

La disproportion du cautionnement constitue l'un des points fréquemment examinés dans les litiges opposant une caution personne physique à un créancier professionnel.

L'article 2300 du Code civil prévoit que lorsqu'un cautionnement souscrit par une personne physique envers un créancier professionnel était, au moment de sa conclusion, manifestement disproportionné aux revenus et au patrimoine de la caution, il est réduit au montant à hauteur duquel celle-ci pouvait s'engager à cette date.

Il est donc nécessaire d'étudier la situation financière et patrimoniale de la caution au moment où elle a signé.

Peuvent notamment être pris en considération :

les revenus ;

le patrimoine immobilier ;

l'épargne ;

les dettes ;

les charges ;

les autres engagements de caution ;

le montant du cautionnement.

Cette analyse doit être réalisée à partir des règles applicables à la date de souscription de l'engagement.

Exemple

Un dirigeant disposant de revenus relativement modestes et d'un patrimoine limité signe un cautionnement personnel d'un montant très important pour garantir le financement de sa société.

Quelques années plus tard, l'entreprise cesse de rembourser le prêt.

La banque réclame alors au dirigeant le paiement de la somme garantie.

Dans cette situation, il peut être pertinent d'examiner la situation financière et patrimoniale du dirigeant au moment où il a signé le cautionnement, afin de déterminer si l'engagement était manifestement disproportionné.

La conséquence juridique n'est pas nécessairement l'annulation pure et simple du cautionnement : le Code civil prévoit, pour les situations relevant de l'article 2300, une réduction de l'engagement au montant à hauteur duquel la caution pouvait s'engager.

3. Vérifier le devoir de mise en garde de la banque

Le Code civil prévoit également une obligation de mise en garde du créancier professionnel envers la caution personne physique lorsque l'engagement du débiteur principal est inadapté aux capacités financières de celui-ci.

En cas de manquement, le créancier peut être privé de son droit contre la caution à hauteur du préjudice subi par celle-ci.

Cette question est différente de celle de la disproportion du cautionnement.

Il convient donc de ne pas confondre :

les capacités financières de la caution ;

les capacités financières du débiteur principal ;

le montant de l'engagement garanti.

Une analyse précise du dossier est nécessaire pour déterminer quelles règles sont applicables.

4. Vérifier si la banque a correctement informé la caution

Les obligations d'information de la banque constituent également un élément important.

Le Code civil prévoit notamment que le créancier professionnel doit, dans les conditions prévues par l'article 2302, communiquer chaque année à la caution personne physique certaines informations relatives au montant de la dette garantie et rappeler le terme de son engagement ou, lorsqu'il est à durée indéterminée, les conditions de sa résiliation.

La banque doit également informer la caution personne physique de la défaillance du débiteur principal dès le premier incident de paiement non régularisé dans le délai prévu par l'article 2303.

Le non-respect de certaines obligations d'information peut entraîner une déchéance de la garantie des intérêts et pénalités, dans les conditions prévues par la loi.

Il est donc important de conserver les courriers et documents transmis par la banque.

5. Vérifier le montant réellement réclamé

Une autre étape essentielle consiste à contrôler le décompte présenté par la banque.

Le montant réclamé doit être comparé :

au contrat de prêt ;

au tableau d'amortissement ;

à l'acte de cautionnement ;

aux paiements déjà effectués ;

au montant maximal garanti ;

aux intérêts et pénalités éventuellement applicables.

La banque ne peut pas simplement réclamer une somme sans que celle-ci soit confrontée aux documents contractuels et aux règles applicables.

Une différence entre le montant initial du prêt et le montant finalement réclamé ne signifie pas nécessairement qu'il existe une erreur : il faut analyser précisément la composition de la dette.

6. Vérifier la nature du cautionnement

Le dirigeant doit également déterminer s'il a souscrit un cautionnement simple ou solidaire.

Cette distinction est importante car elle peut modifier les conditions dans lesquelles la banque peut agir contre la caution.

Il faut également vérifier si l'engagement est :

à durée déterminée ;

à durée indéterminée ;

limité à un montant précis ;

limité à une opération particulière ;

ou susceptible de couvrir plusieurs obligations.

La portée exacte de l'engagement doit être déterminée avant de répondre à la demande de paiement de la banque.

7. La caution peut-elle contester la dette de l'entreprise ?

Dans certaines conditions, oui.

L'article 2298 du Code civil prévoit que la caution peut opposer au créancier certaines exceptions personnelles ou inhérentes à la dette qui appartiennent au débiteur.

La caution peut donc, selon les circonstances, contester certains éléments relatifs à la dette garantie.

Cela ne signifie toutefois pas que toute contestation du contrat principal permettra automatiquement à la caution d'échapper à son engagement.

Il est nécessaire d'identifier précisément la nature du moyen invoqué et son incidence sur le cautionnement.

8. Que faire si la banque adresse une mise en demeure ?

Lorsqu'une banque adresse une mise en demeure à une caution, il est préférable de ne pas attendre une éventuelle assignation pour faire analyser le dossier.

La caution doit notamment réunir :

l'acte de cautionnement ;

le contrat de prêt ;

les conditions générales et particulières ;

les tableaux d'amortissement ;

les relevés bancaires ;

les courriers de la banque ;

les informations annuelles reçues ;

les mises en demeure ;

le décompte de la somme réclamée.

Ces documents permettront d'examiner la situation de manière globale.

Ne pas reconnaître trop rapidement la dette

Une demande de paiement adressée par une banque ne doit pas nécessairement être considérée comme définitive.

Avant de signer un accord, de reconnaître une dette ou de procéder à un règlement important, il peut être utile de faire vérifier :

la validité du cautionnement, son montant et les conditions dans lesquelles la banque entend le mettre en œuvre.

Cette précaution est particulièrement importante lorsque les sommes réclamées sont importantes ou lorsque le dirigeant a souscrit plusieurs engagements de caution.

9. Peut-on contester un cautionnement ancien ?

Oui, mais les règles applicables doivent être déterminées avec beaucoup de précision.

Le droit du cautionnement a connu plusieurs évolutions importantes, notamment avec la réforme des sûretés entrée en vigueur en 2022.

Les dispositions applicables peuvent donc différer selon la date à laquelle le cautionnement a été souscrit.

Il est par conséquent déconseillé d'appliquer automatiquement les règles actuelles à un engagement ancien.

L'analyse chronologique du dossier est essentielle.

10. Pourquoi consulter un avocat en droit bancaire ?

Un contentieux relatif à un cautionnement peut rapidement devenir complexe.

L'avocat peut notamment examiner :

la validité de l'engagement ;

sa proportionnalité ;

les capacités financières de la caution ;

les capacités financières du débiteur ;

les obligations d'information de la banque ;

le contrat de prêt ;

le décompte bancaire ;

la durée du cautionnement ;

les conditions de mise en œuvre de la garantie ;

les éventuels moyens de défense.

L'objectif est de déterminer dans quelle mesure la caution est effectivement tenue de payer les sommes réclamées.

Comment contester un cautionnement bancaire à Nice ?

Vous êtes dirigeant, associé ou particulier et vous avez reçu une demande de paiement d'une banque en qualité de caution ?

Vous pouvez faire examiner votre situation par un avocat en droit bancaire à Nice.

L'étude de l'acte de cautionnement et des documents bancaires peut permettre d'identifier les éventuelles irrégularités, les limites de l'engagement et les moyens de défense susceptibles d'être invoqués.

Maître Stephen Fernandez, avocat à Nice, accompagne notamment les particuliers et les professionnels confrontés à des litiges bancaires, cautionnements, garanties et demandes de paiement des établissements financiers.

À retenir

La contestation d'un cautionnement bancaire ne repose pas sur un argument unique.

Plusieurs éléments doivent être vérifiés :

la validité de l'engagement ;

son montant et son étendue ;

sa proportionnalité ;

les capacités financières de la caution ;

les capacités financières du débiteur ;

les obligations d'information de la banque ;

le montant réellement dû ;

la nature et la durée du cautionnement ;

la date à laquelle l'engagement a été souscrit.

Une analyse juridique personnalisée est donc particulièrement importante avant de répondre à une demande de paiement ou à une procédure engagée par la banque.

IMPORTANT: Cet article est proposé à titre d'information générale et ne constitue pas une consultation juridique personnalisée. Les recours, procédures et délais doivent être appréciés au regard des circonstances propres à chaque dossier.